Delphine Horvilleur dans son livre « En tenue d’Ève. Féminin, pudeur et judaïsme » raconte et commente, dans son savoir de …

de Philippe Michelot / philippe@masdesfigues.com
« bonjour Suzanne Delorme.
Contre-pied….et si au contraire, l’homme mâle avait besoin d’une femme Lilith pour apaiser son angoisse de castration et assurer sa virilité. Ne pensez vous pas qu’une femme soumise ne renforcera pas à l’inverse l’angoisse du mâle.
Regardez les dessins érotiques de Picasso avec le minotaure qui se termine en 1954 avec la danse des banderilles où l’homme met en genou à terre en retirant sa tête de taureau devant la belle nue qui le pique de ses banderilles.
Cette corrida d’amour entre l’homme et la femme, une corrida sans mise à mort mais avec la petite mort qu’est la détumescence masculine. Ultime victoire féminine. la 10°. N’oublions pas que la femme a 9 jouissance quand l’homme n’en aurait qu’une.
Ce jeu amoureux ne serait il pas nécessaire voire indispensable pour que l’homme et la femme puissent s’aimer dans la dignité en se respectant sans se renier en sublimant féminité et virilité tout en en supprimant certains excès.
N’en serait il pas de même en réciprocité pour la femme et son complexe de castration.
La femme serait ainsi le matador qui affronte le taureau sauvage et met à mort son animalité afin qu’il puisse advenir humain. Ainsi Shamhat et Enkidu….. »
Philippe Michelot
Tél 0033 (0) 6 08 42 77 76
Vieux chemin d’Arles
13210 Saint Rémy de Provence

 

Réponse

Merci beaucoup de prendre le temps de faire un commentaire aussi intense! J’en espère tant d’autres qui n’arrivent jamais. Avez-vous lu mon article sur la mascarade féminine comme muleta? Nous nous rejoignons dans l’univers de la corrida qui peut effectivement sous certaines aspects révéler le rapport ou le non rapport homme/femme. A aucun moment je ne parle de « faible » femme. Bien au contraire: Ce secret des femmes, à savoir qu’elles ont conscience que la plupart des hommes sont menés par l’angoisse de castration ne les rend pas faibles. En les éclairant, cela leur donne bien sûr le moyen de ne pas être victimes de cette angoisse voire le moyen d’en être maître. C’est une grande force; si en apparence, elles se soumettent c’est seulement pour ne pas blesser monsieur mais jamais elles ne se soumettent vraiment, jamais elles renoncent à quoi que ce soit. Les femmes soumises sont celles qui comme les hommes sont sous le pouvoir du phallus et prêtent aux hommes ce pouvoir. Celles qui comprennent qu’il ne s’agit pas de pouvoir mais d’angoisse sont armées pour fonctionner avec l’autre sexe.Le jeu amoureux que vous décrivez, pourquoi pas? Mais ce n’est pas celui de tout le monde. Un patient identifiait le Minotaure à sa propre mère….
Il y a nécessité d’un « jeu » entre l’homme et la femme, jeu érotique, jeu amoureux mais au minimum du jeu comme on le dit pour les rouages, pour une articulation. Peu importe la nature du jeu….du jeu à la jouissance, c’est là le chemin de ceux qui ne se rencontrent jamais. « Il n’y a pas de rapport sexuel » nous dit Lacan.

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